Problème de Prof : Quel style donner à son académie ?

Nous avons la chance dans le monde du Jiujitsu et du Grappling plus généralement, d’avoir de nombreux jeux et styles très différents. C’est d’ailleurs ce qui fait l’intérêt des compétitions, l’opposition des façons de combattre. La question que l’on peut se poser en tant qu’enseignant, c’est de savoir quelle coloration nous souhaitons mettre en place dans notre école ?

Est ce que nous allons travailler d’avantage les stratégies debout comme nous pouvons le voir avec certains pratiquants issus de la lutte ou du judo ? Est ce que l’on va mettre en avant le jeu de garde ? Celui de passeur ? Allons nous proposer une philosophie agressive d’attaque ou être plutôt contreur ? Sans parler des jeux fermés ou plus ouverts, en pression ou en explosivité ? L’idéal est que nous puissions tout enseigner, seulement le temps des pratiquants sur les tatamis est limité et nos connaissances ainsi que nos façons de pratiquer également.

Le questionnement s’étend même au cadre plus global que nous allons proposer dans notre académie. Allons nous nous orienter compétition ? Si oui, compétition IBJJF ou compétitions sub only ? Allons nous nous orienter défense personnelle ? Si oui, utilisera-t-on des créneaux pour cela ou tout notre enseignement sera axé sur cette facette ? Allons nous former vers du MMA ? Dans ce cas allons nous faire du Gi ?

Nos réflexions et nos décisions attireront des élèves qui vont être dans cette attente. Et également d’autres qui ne s’y retrouveront pas. Est ce que dans ce cas, nous allons les orienter vers une autre école ? Est ce que nous allons leur ‘vendre’ notre vision des choses ? De plus certains commencent avec une idée, par exemple loisir et décident après quelques années de s’axer compétition, comment s’adapter alors qu’il n’y a pas d’entrainement spécifique compétition ?

L’identité de nos sections va influencer notre perception de la discipline mais plus encore celle de nos élèves. Ce qui est parfois dommageable, parce que la direction prise par un professeur n’est pas plus juste que celle d’un autre. Il est utile qu’au travers de nos orientations, nous puissions toujours inviter nos élèves à aller voir les autres académies, au travers de cours, d’open mat, de séminaires ou d’interclubs. Il est également utile de prendre conscience que le style que nous proposons ne conviendra pas à tous et qu’il est aussi de notre devoir de pouvoir orienter nos apprenants vers des écoles plus adaptées pour leur vision de la discipline.

Enfin, si l’académie a pu être identifiée d’une certaine façon pendant des années et si le professeur n’est plus dans cette démarche, doit il rester dans ce fonctionnement ? Par exemple, une école basée self défense qui deviendrait plus compétition ou inversement, comment l’appréhender ? Les professeurs évoluent, mais l’image ou la notoriété d’une école doivent elles passer au delà de l’orientation personnelle ?

Les pratiques et pratiquants évoluent, une école doit elle resté dans ‘sa’ tradition ou avancer avec les tendances ? Je parle outre la notion de survie sur le marché.

Be One

Pank

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Réflexions orientation et pédagogie martiale #4 : les feux d’alertes.

Comme je vous le proposais dans l’article précédent https://lutabjj.wordpress.com/2019/01/04/paradoxe-des-systemes-de-defense-et-systemes-de-combat/, nous avons une problématique claire à prendre en compte pour les pratiquants de combats sans la facette self defense comme peut l’être le BJJ, la Luta Livre, le MMA ou le Muay Thai.

Il manque une prise de conscience (ou d’intérêt) des différentes étapes avant d’arriver au combat de rue, mode d’expression dans lequel les non self defense ont de forte chance de ‘gagner’. Avant d’en arriver aux combats, à la phase d’échanges techniques, comme sur un ring ou tatami, nous allons avoir des phases d’alerte à prendre en compte.

Pour faire simple, avant la première percution ou saisie, il y a des alertes que nous pourrions imager par un feu tricolore qui doivent être pris en compte sur deux plans, le psychologique et le physique.

Quand nous sommes en feu vert physiquement et psychologiquement, nous ne sommes pas en état de stress, nous avons une capacité d’observation et plus encore de réaction. Nous pouvons prendre en compte les environnements et nos décisions en cas de ‘doute’.

Quand nous sommes en feu orange, la psyché va comme toute phase de stress, réduire les champs de vision et les possibilités pour aller vers des solutions de survie immédiates/à proximité. Le corps lui va se crisper également et nous allons diminuer nos capacités athlétiques ainsi que de réactions de façon flagrante.

Quand nous sommes en feu rouge, nous savons que tout va exploser, c’est cette micro-phase de réponse qui est répétée tant de fois par les écoles de self. Notre esprit est simplement en Fight, Freeze ou Flight, notre corps est sur du réflexe.

Dans les réflexions et mise en actions sur lesquelles je souhaite me pencher, il y a les passages du Feu Vert au Feu Orange, avec les questions que l’on peut se poser sur la gestion de nos comportements, motivations et observations pour éviter ce switch. Dans un deuxième temps, étudier la gestion possible du passage du code orange vers le rouge. Les possibilités étant réduites et en ne sachant jamais vraiment à quel moment nous devons/pouvons passer d’une attitude non-violente à une action psycho-physique de defense.

Je vous invite à vous observer dans le quotidien, dans la gestion de vos stress et de vos émotions, vous allez pouvoir noter les changements physiologiques et psychologiques. C’est au travers du quotidien que nous allons pouvoir prendre conscience de nos patterns afin de mieux se connaitre et identifier le travail à bosser en dojo, dans les cadres de modules de self.

Be One

Pank

Réflexions orientation et pédagogie martiale #3 : Paradoxe des systèmes de défense et systèmes de combat

Je reviens sur une idée que j’avais partagé dans cet article : https://lutabjj.wordpress.com/2017/03/04/mecomprehension-entre-self-defense-et-sport-de-combat-part-1/?fbclid=IwAR3hnUQX4uSa5QYo6NJy-ali9JSUi6wP4mB8vOlccqnRvKZ19LQAHM9wuUI

Je parlais des différentes phases que j’identifie actuellement dans le contexte d’agression :

  • La phase ritualisée : c’est l’altercation avec un échange de mots et des body langage de prise de pouvoir. Si cette phase n’existe pas, c’est souvent très galère de s’en sortir même entrainer.
  • La phase d’agression : l’agresseur passe à l’offensive physique dans le but de blesser.
  • La phase de self défense: moment qui dure de 3 à 30/40 secondes, qui doit permettre de finir avec l’agression, pour s’échapper. Il peut y avoir que des esquives, des frappes ou des projections/sol.
  • La phase d’opposition: nous avons dépassé les 45 secondes et nous ne sommes pas parvenus à en finir avec l’altercation, il y a une opposition, plus d’effet de surprise, plus simplement de la défense mais aussi beaucoup d’attaques. On entre dans des phases plus boxées ou luttées.

Je souhaiterais pousser notre réflexion et surtout par la suite nos actions pour se rendre compte d’un point assez étonnant, les pratiquants de self défense, ils se préparent à une non échéance. La Self n’est pas orientée à une réalité à venir mais une possibilité en devenir qui paradoxalement diminue avec l’entraînement qui enseigne à être plus éveillé aux situations et donc moi à même de les vivre. Dans les sports de combat et plus particulièrement pour les compétiteurs c’est l’inverse, nous nous préparons pour des échéances précises et paradoxalement étant plus focaliser à des règles et un cadre, nous sommes moins ouverts à l’improbable. Cela ne signifie pas qu’il n’y aurait pas de réflexes, pourtant on le voit quand un geste est ‘interdit’ dans un match et pourtant effectué par l’opposant, il y a un temps de freeze.

Nous avons donc d’un côté des individus qui se préparent à une chose a faible probabilité mais en ouvrant tout un champs des possibles et d’autres qui se fixent un cadre très précis et rigoureux pour une chose qui arrivera. Dès le départ, la compréhension de la carte du monde de l’autre vision est difficile. Un sportif va avoir un avantage supérieur indéniable dans la phase d’opposition. Et même s’il y a des éléments hors normes, il y a des réflexes et des précisions qui peuvent sortir de 80% de situation. Par contre, tant que le gong n’est pas clairement identifié par ce dernier, il est clairement non préparé. C’est les pratiquants de self qui vont avoir l’avantage sur l’observation du rituel et la gestion ‘agression’ dans le sens où normalement leur training est basé sur des signes à prendre en compte pour ‘rentrer dedans’.

Une fois de plus, la question est de savoir comment nous pourrions mêler les deux. Pour un sportif de combat, les gars de la self ne valent pas grand chose sur quelques rounds, dans une opposition dure. On le voit dans les combats durs du Krav ou même les affrontements en Kali, on ne voit plus une grande partie des techniques répétées pour une action post-rituel. La plupart des 100% self ne sont pas prêt pour cela. Inversement, la gestion des phases de stress, des agressions, des facettes psychologiques, de la ligne rouge comme alerte, de quelques réflexes primitifs, sont mieux appréhendés dans les écoles de défenses personnelles. A mes yeux, il est utile de créer des jeux mixant différentes logiques de stress, pour passer toutes les phases… Mais là encore, il va y avoir des paradoxes à gérer…

A suivre.

Be One

Pank

Réflexions orientation et pédagogie martiale #2 : Travailler la psychologie ‘self defense’

Suite à mon article concernant l’efficacité du Jiujitsu comme système de self (https://lutabjj.wordpress.com/2018/12/22/le-jiujitsu-ca-marche-en-self-defense/), je me suis rendu compte que je n’ai pas réussi à partager mon idée clef : l’aspect psychologique.

A force de travailler dans un fonctionnement ludique et sportif le Jiu-jitsu, la Luta Livre voire le mma nous orientent dans un modèle de pensées et de comportements inadaptés à une situation de conflit.

Je souligne notre façon de filtrer l’agression et le fonctionnement psychologique du modèle fight/flight, je ne remets pas en question les compétences techniques.

Le phénomène d’habituation de l’affrontement qui devrait nous rendre plus apte aux combats, peut nous endormir dans les modèles d’agression. Se sentir en confiance par les heures de sparrings, pourraient paradoxalement nous rendre moins sensibles aux dangers et à des réactions reptiliennes, comme attaquer ou fuir.

Nous retirons les rituels d’affrontements des agressions en les changeant par des règles tacites d’autorisations et interdictions ainsi que abandon ou des KO comme fins de combat.

Ce schéma offre un cadre dans lequel nous progressons, en évitant un maximum les blessures. Nous ne développons de l’agressivité ou de l’énergie que quand le match ou randoris commencent. Pour beaucoup il faut échauffement et rituels pour ‘entrer’ dans le combat.

Seulement le cadre des agressions n’offrent pas toujours de rituels, voire nous ne percevons pas cela comme une parade qui devrait nous alerter sur un danger potentiel.

Le confiance du bon combattant le met souvent en freeze, en fixation vis à vis d’un danger non actif mais présent. Je vais passer dans une zone de danger avec l’idée que je peux m’en sortir à la place d’être en fuite et évitement. Éventuellement, attaquer le premier. Nous devenons tellement prêt et habitué que nous pouvons être moins vigilants.

Mais que faire ? Les académies sont plutôt orientés jeu et sport, plus rarement self. Et nous ne pouvons pas savoir si la self est vraiment efficace car impossible à tester régulièrement. Mes observations et rencontres m’entraînent à penser qu’avec l’arsenal techniques que nous possédons, nous devrions pouvoir gérer presque toutes les situations non armées, mais pour cela nous allons devoir créer des jeux de stress psychologique. Des environnements qui devraient amener un switch vers du fight ou flight.

Certaines écoles de self ont développé des situations de ce type, c’est sûrement le premier apport plus Martial que nous pourrions mettre hebdomadairement ou mensuellement dans le cursus.

‘A suivre’

Be One

Pank

Le JiuJitsu ça marche en Self Défense ?!?

Le sujet polémique au possible, la self défense. Je referai des articles moins taquins ultérieurement.

Alors comme ça le Jiu-jitsu est efficace pour la rue, la vraie, celle de Rio de Janeiro. Le style a fait ses preuves… Dans des tas de bastons sanglantes, là où tout est possible. Sur le papier c’est génial non ? Rorion nous l’a montré dans les premiers ufc… Le Gracie Jiu-jitsu, c’est from war to street…

OK mais apparemment ça n’est pas passé par les gymnases. Non, pas de panique, je ne dis pas que le JiuJitsu sportif, celui des ‘joueurs’ de tatami n’est pas efficace. Je parle du fait qu’apparement, le style n’a pas fait ses preuves dans les tribunes…

Le week-end dernier, un Gracie (Ralph) .. Que l’on sait être un clan guerrier et plutôt vicelard dans la bagarre pour de vrai, a éclaté un champion du monde et un vice campion adcc, en une droite et quelques soccer kicks ( Flavio Almeida).

Le pourquoi de cela, je m’en fouts, par contre factuellement, le Jiu-jitsu a son plus haut niveau sportif, ne semble pas enseigner des bases de gestion psychologique des agressions, ou plutôt des situations d’agression. C’est bien de parler technique, de quoi faire dans telle ou telle situation… Si on ne voit pas la situation comme dangereuse…

Ce fracassage de tête, outre de montrer une fois de plus que les Gracie c’est des bagarreurs plus que des artistes martiaux, ne donne pas une bonne presse au Jiu-jitsu, mais surtout ça fout en l’air toute la promotion de protection avec cette école. Faille majeure, tu vas te faire défoncer parce que simplement tu te crois en sécurité avec tes grades, médailles ou des situations ‘confortables’ comme les compétitions, là où tout le monde est ‘pote’.

Vendre de la défense personnelle à des gars de la sécurité qui sont en mode ‘boulot et dangers potentiels’, des policiers ou des militaires qui vivent en état de tension lié au danger, ce n’est pas la même chose que des gens normaux comme vous et moi. Être champion de bjj, ne nous protège pas du danger ou plutôt des situations dangereuses.

Alors le Jiu-jitsu Brésilien c’est bullshit pour les situations ‘non conventionnelles’, c’est à dire sans rituels d’agressions ‘reconnus’? Est ce que notre côté ludique nous enferme dans une bulle qui ne réveille plus l’instinct du ‘combattant / guerrier de la rue’? Les vieux de notre discipline que nous n’écoutons que d’une oreille, qui nous parlent de revenir aux bases de défense auraient ils raison ? Est ce que l’aspect préparation mentale et psychologique est mis en avant dans ces cours ou juste de la répétition comme nous le faisons dans nos dojos actuels ?

Bref vice 1- bjj champion.. 0 (et n’allez pas dire que c’est différent Ralf connaît le Jiu-jitsu… Là c’était juste une patate de forain.).

Edit : je vois que je n’ai pas été bon pour passer mon idée. Je pense que le Jiu-jitsu est un style à la fois sportif et Martial  Seulement, nous nous sommes tellement habitués à jouer au dojo et en compétitions (même en mma) que nous avons perdu la notion ‘danger’ de l’affrontement. Il y a un manque de travail psychologique, de la gestion en amont, pendant et après ‘l’agression’. Qu’un expert, n’ai plus naturellement une ‘attention Martial’ me fait cogiter à notre pratique trop orientée, on passe à côté de beaucoup d’aspects malgré l’évolution technique extraordinaire des dernières décennies.

Be One

Pank

Réflexions sur la fin d’un compétiteur

Nous jouons en compétition pour des raisons diverses. Certains pour prouver qu’ils sont les meilleurs, d’autres pour se tester, d’autres pour vivre de nouvelles sensations. Nous avons tous une motivation différente.

Je fais des compétitions depuis le baby basket et depuis plus de 25 ans en sport de combat. J’ai eu ma période où je voulais gagner à tout prix, pour nourrir mon égo et me sentir fort.

Cette phase s’est arrêtée en 2000 avec mon premier titre de champion de France de Pancrace. Ce titre avait de l’importance pour moi qui étais tombé amoureux du nhb/mma. C’était une façon de me dire que je me débrouillais, je devenais un peu Goku, Baki ou Royce.

Pour ceux qui me connaissent, je ne suis pas un pratiquant doué et particulièrement athlétique, j’ai galéré et galère encore dans mes apprentissages, dans mes applications… La compétition et les titres donnaient simplement un retour du travail que je mettais en place au quotidien. Ce qui est illusoire, c’est de croire en ces titres si je suis sur la première marche du podium, je ne suis que celui qui a été là au bon moment dans les bonnes conditions. Le lendemain au dojo, je vais encore me faire éclater.

La compétition était un lieu d’expressions pour voir si j’étais dans une bonne direction. J’ai perdu plus que je n’ai gagné pour sûr.

Une fois ce titre en poche, j’ai pris la compétition pour un moyen de prendre plaisir et pouvoir kiffer le combat. Je ne suis pas le combattant stratégique. Plutôt ce bonhomme qui encaisse et avance pour tenter le KO ou la sub. Je ne connaissais pas les règles des compétitions (d’ailleurs mes pauvres élèves subissent encore ce biais) et m’y rendais seulement pour m’exprimer et tenter de finaliser.

Le niveau progressant, les règles se modifiant et moi restant combattant plus que compétiteur, je me suis vu perdre sur des points ou des avantages dont je ne connaissais pas l’existence. En combat libre, perdre alors que l’autre est en sang et que j’ai mené les phases au sol, simplement parce que le takedown valait des points. Faire une finale nationale et entendre mon coin me dire de me relever pour les 20 dernières secondes et préférer tenter la sub… Et me faire soumettre.

Je n’ai pas été le stéréotype du bon compétiteur. Cela m’a quand même parfois profondément frustré. Me dire que l’on juge sur des stratégies d’évitement plutôt que sur la confrontation dans le dur. C’est moi le fautif, Sun Tsu dans l’art de la guerre l’expliquait bien.

Je continue à me rendre en compétition parce que j’aime l’affrontement et les conditions plutôt sympas dans lesquels nous sommes. Pourtant je n’ai pas faim, je n’ai pas spécialement envie de gagner, je viens plutôt pour éviter de perdre et prendre plaisir au combat.

Aux PanAm no gi, en septembre dernier, j’ai gagné ma catégorie en noire Master 2. Les combats ne m’ont pas plu, je m’étais dit que j’allais suivre l’expérience de Kenji et jouer avec les règles. Il a eu raison sa stratégie face à des lourds a été la bonne. A la fin de la finale, j’ai regardé mon coin, Dao, Kenji, Matt et Didier, je me suis demandé immédiatement ce que je ressentais. Rien… Vraiment aucun bonheur, juste une satisfaction d’avoir fait la stratégie. D’ordinaire en match, je lâche la tactique au bout d’un moment pour tenter des choses parce que je ne me retrouve pas et que je ne prends pas plaisir.

Je pense que c’est ce moment où on sait que c’est fini, que définitivement nous restons dans le statut de combattant-pratiquant. Le compétiteur ne prenant plus de plaisir, même en cas de victoire sur une compétition majeure, ne porte plus cette étiquette.

Cela change aussi le paradigme de perceptions, pourquoi autant d’énergie dépensée pour cette sensation éphémère, pour cette nourriture égotique peu rassasiante.

Je retournerais sûrement sur les tatamis de compétitions, probablement parce que mes gars combattent ou parce que la destination est sympa, mais certainement pas avec l’idée de gagner, seulement celle de prendre juste plaisir à cet échange.

Be One
Pank

Le Jiu-jitsu n’est pas du MMA.

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Hier avec la victoire de Khabib sur Connor, comme la plupart des passionnés, j’ai pu assister à la création de beaucoup de sujets et de memes sur le sol de Mc Gregor.

Les jiujitsukas voulant tirer la couverture vers eux, comme si c’était une de leurs victoires. Et nous savons que ce n’est pas le cas que Khabib est lutteur et samboiste, qu’il a gérer le combat comme un lutteur et soumis comme en catch wrestling. Pour rappel, l’ibjjf interdisant les neckcranks.

Bon, au pire la famille grappling peut être contente. Maintenant ce qui m’emmerde dans ces discours et débats, c’est que des pros pyjamas, nous emmerdent avec le niveau de l’irlandais.

Les gars, le Jiu-jitsu c’est le kimono, vous nous emmerdez assez avec son grand intérêt pour la finesse que cela apporte en grappling MMA. La majorité des Jiujitsukas donnent des leçons alors qu’ils pullguards, qu’ils jouent qu’en garde, qui refusent de s’entraîner/combattre en Nogi (regardez la différence de participants entre les championnats gi/nogi) et surtout qu’ils n’ont jamais fait de boxe debout ou au sol. Jamais ils n’ont pris une seule patate dans la tête, pensent encore qu’être en dessous, c’est mieux … C’est fini, cette histoire qu’être en gardeiro, c’est la clef et bien avant la mort d’Hélio.

Beaucoup se sont plaints de l’arrogance de Connor, pourtant il semble juste mettre en lumière, par effet mirroir, l’arrogance de nombre de Jiujitsukas qui veulent donner des leçons de sol à un double champion de l’UFC. Un manque de respect aux professeurs qui lui ont remis la ceinture marron et à l’athlète qu’il est .

Nous sommes en 2018, nous ne sommes plus en 1993 oú le Jiu-jitsu seul était efficace. Prenez vous le cross du Dagestanais,faites vous pounder pendant de longues minutes et vivez la pression d’un lutteur qui affrontait des ours à l’âge de 9 ans. Je ne suis pas certains que vos leçons et vôtre expertise au sol vous aident.

Le Jiu-jitsu actuel n’est pas adapté au Mma, des gars comme Maia, travaille avec une superbe lutte par exemple, mais se fait désosser par Woodley ou Silva. J’aime le Jiu-jitsu, seulement ce n’est plus l’arme maîtresse du Combat libre, surtout au niveau élite. Les frappes changent tout au sol, vous perdez vos basiques et votre Instinct vous fait protéger votre tête. Carlson Gracie l’avait clamé, une ceinture noire qui prend une droite retourne en marron, une autre en Violette, une encore en bleue et finira Blanche. Regardez le match d’hier… CMG était marron au début du match… Seulement il en a mangé des coups, et il a réagi comme nous l’aurions fait, qu’importe notre niveau en jiu-jitsu.

Apprenons a gérer les frappes, à développer un sol efficace avec les strikes, prenons leçon du Combat pour continuer à avancer.

Be One
Pank