Les années vs le temps sur tatami

Nous le voyons de plus en plus depuis quelques années, les grades en Jiujitsu n’ont plus la même la signification. Avant une ceinture noire qui avait en général reçu son grade entre 10 et 15 ans de pratique, dominait facilement les grades inférieurs jusqu’à ceinture marron. Maintenant, une ceinture noire peut se faire battre par une jeune ceinture bleue.

Nous avons trop souvent réfléchi en années de pratique plutôt qu’en heures d’entrainement. Prenons un pratiquant qui s’entraîne 3 fois par semaine 2h sur 50 semaines : nous aurons 300 heures par an et en 10 ans il aura cumulé 3000 heures pour obtenir sa ceinture noire. Maintenant, de nombreux athlètes s’entraînent 4h par jour, 5 jours sur 7, cela revient à 20 heures par semaine soit 1000 heures à l’année. En 3 ans, il aura autant d’heures (d’expérience ?) de tatami que le pratiquant plus ‘loisir’. En général en trois ans, nos élèves sont des ceintures bleues, plus rarement violettes… parce que nous réfléchissons encore trop en années et moins en heures d’entrainement.

C’est une excellente chose que d’avoir aujourd’hui une professionnalisation de notre discipline (peu ou pas dans l’héxagone, faute de sponsors). Nous avons de plus en plus d’académies ouvertes ou à disposition toute la journée et dans lesquels, les pratiquants peuvent passer des heures à tester, rouler, répéter. Cela élève le niveau des athlètes qui vont en compétition et nous offrent une qualité technique et physique incroyable.

Nous ne pouvons plus comparer avec les ceintures, beaucoup savent qu’ils ne gagneraient surement pas la catégorie bleue ou violette adulte aux Europe ou Pan, alors qu’ils sont ceintures marrons-noires. Le dirigeant de la copa podio le faisait remarquer, aujourd’hui nous faisons combattre une ceinture bleue qui a deux ou trois ans d’académie (en base loisir) face à des jeunes qui s’entraînent depuis l’age de 6 ans et qui sur les dernières années cumulent une vingtaine d’heures d’entrainement par semaine. Il y a un déséquilibre majeur. C’est pour cette raison qu’il avait proposer le match entre Galvao (15 ans et ceinture bleue) contre Rounaud (ceinture noire vainqueur d’Open IBJJF). Outre le fait que le jeune soit le top du top, sa victoire est une superbe opportunité pour s’interroger sur les grades, les temps de pratiques et la difficulté concernant les critères de passage à la ceinture noire.

A l’ADCC East Trials, Nick Rodriguez ( Il a un background de lutteur au lycée et sa première année en université, mais quand même ce n’est pas un champion NCAA) qui est une ceinture blanche de 6 mois fait 3e et gagne les West Trials (Maintenant ceinture bleue).

Les compétitions de Grappling FFL/UWW permettent tout comme l’ADCC des affrontements sans distinction de grades, comme de plus en plus de galas de Jiujitsu, c’est génial pour l’évolution de nos disciplines.

Les grades et ceintures, nous le savons tous, représentent ce que nous y mettons dedans. Cela permet de aussi un respect des anciens (ce coup ci en nombre d’années) et un rituel martial qui nous convient. En compétition, comme l’avait souligné Machado il y a quelques années, c’est la ‘réalité et les grades n’ont plus la même place.

Be One

Pank

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Réflexions orientation et pédagogie martiale #5 : Introduction Préparation mentale Sports de Combat et Self Défense

Restons sur ces réflexions qui peuvent bien sur se nourrir de vos expériences et de vos convictions, concernant nos différences entre les entraînements de Jiujtsu, MMA, Grappling ou Boxe et les sessions de Self défense. Comme vous avez pu le lire dans mes précédentes chroniques, je pense que l’une des clefs majeures pour nos réussites martiales, est la facette mentale.

Nous voyons bien que l’Hypnose, la PnL, les méthodes de Coaching ont été introduites, il y a quelques années dans les sports de combat. Tyson en boxe avait un hypnotiseur, Joe Rogan accueillent de nombreux athlètes qui mettent en avant l’importance de l’hypnose ou de la sophro dans leur réussite. Nous le savons, si nous sommes des tueurs à l’académie, il arrive souvent que sur un ring, une cage ou un tatami, nous pouvons perdre nos moyens.

Je suis certains que vous connaissez tous dans vos salles, des champions de dojos, incapables de faire des résultats en compétition mais qui jouent sans effort avec les champions au dojo. Inversement, certains pratiquants que nous ne remarquions pas, s’éveillent en Instinct Mode sous la pression du combat. Nous ne sommes pas égaux fasse au stress. Nous savons que nous avons une stimulation de l’amygdale qui nous offrira que le fight, le freeze ou le flight. Si nous sommes des combattants émérites dans un cadre sécurisant, que ça soit dans des sports aussi durs que le MMA, la Lutte ou le BJJ, mais incapables de s’exprimer en compétition, pourrions nous mêmes croire que nous le pourrions dans une agression inattendue ?

Je sais que beaucoup de pratiquants de self expliquent que la rue ce n’est pas la salle, ni une compétition. Pourtant, faire une compétition, nous amène dans un état de stress et de danger (la blessure) qui ne devrait pas être négligé, car proche de la rue (ce moment où on se pisse dessus..). De même, un sportif de combat qui explique l’idée que lui il combat au ko/soumission, il est plus ‘prêt’ pour la rue mais qui a un niveau de débutant quand il y a une situation de stress, à une compétition de niveau départemental, devrait repenser son paradigme.

Ce qui est génial, c’est que nous sommes capables de développer nos potentiels positifs. Nous pouvons nous préparer au moins pire. Je parle de moins pire c’est à dire ce freeze et de subir le combat ou l’agression. Sans dire que vous deviendrez des Gear 4 (des super sayans), prêt à tout défoncer, vous pourrez retrouver ses aptitudes, réflexes et stratégies qui permettront de s’en sortir (à vous de définir ce qu’est s’en sortir…).

Les champions se préparent mentalement et ils performent. Ils ont beau être de grands athlètes, il ont peur et stressent pour les grandes échéances, ils vont au delà et c’est ce qui va jouer. Il y a quelques années, ils avaient montré que les combattants qui fixaient les opposants, étaient ceux qui avaient un taux de réussite supérieur. De même, les couleurs rouges peuvent influencer un arbitrage ou des juges. Nous sommes des êtres programmés et de nombreuses suggestions inconscientes nous impactent et changent suffisamment de choses pour passer de l’underdog au topdog.

Dans la self défense, je ne pense pas que la technique soit la chose la plus importante, par contre la gestion psychologique est une, voire LA clef qui va tout déterminer. Souvent les personnes qui ont commencées les sports de combat ou la self defense expliquent qu’elles ont plus confiance (sans se prendre pour Steven Seagal), et cela revient à ce regard qui parfois évitera ou retardera une action ou une agression. On pourrait prendre cela comme une feinte (je viens de regarder Silva vs Ismaël, observez les réactions physiques des feintes de ces extraordinaires athlètes, les regards jouent notamment.) Néanmoins, le seul argument de ‘je fais de la Boxe ou du Kali’ pour upgrader la confiance, notamment dans la gestion des conflit, est un peu léger et parfois sur-exploiter par le business Self Défense en 5 sessions Youtube . Comme les sportifs, les pratiquants de self, vont devoir recevoir un enseignement de préparation mentale de l’agression…

A suivre

Be One

Pank

Problème de Prof : Quel style donner à son académie ?

Nous avons la chance dans le monde du Jiujitsu et du Grappling plus généralement, d’avoir de nombreux jeux et styles très différents. C’est d’ailleurs ce qui fait l’intérêt des compétitions, l’opposition des façons de combattre. La question que l’on peut se poser en tant qu’enseignant, c’est de savoir quelle coloration nous souhaitons mettre en place dans notre école ?

Est ce que nous allons travailler d’avantage les stratégies debout comme nous pouvons le voir avec certains pratiquants issus de la lutte ou du judo ? Est ce que l’on va mettre en avant le jeu de garde ? Celui de passeur ? Allons nous proposer une philosophie agressive d’attaque ou être plutôt contreur ? Sans parler des jeux fermés ou plus ouverts, en pression ou en explosivité ? L’idéal est que nous puissions tout enseigner, seulement le temps des pratiquants sur les tatamis est limité et nos connaissances ainsi que nos façons de pratiquer également.

Le questionnement s’étend même au cadre plus global que nous allons proposer dans notre académie. Allons nous nous orienter compétition ? Si oui, compétition IBJJF ou compétitions sub only ? Allons nous nous orienter défense personnelle ? Si oui, utilisera-t-on des créneaux pour cela ou tout notre enseignement sera axé sur cette facette ? Allons nous former vers du MMA ? Dans ce cas allons nous faire du Gi ?

Nos réflexions et nos décisions attireront des élèves qui vont être dans cette attente. Et également d’autres qui ne s’y retrouveront pas. Est ce que dans ce cas, nous allons les orienter vers une autre école ? Est ce que nous allons leur ‘vendre’ notre vision des choses ? De plus certains commencent avec une idée, par exemple loisir et décident après quelques années de s’axer compétition, comment s’adapter alors qu’il n’y a pas d’entrainement spécifique compétition ?

L’identité de nos sections va influencer notre perception de la discipline mais plus encore celle de nos élèves. Ce qui est parfois dommageable, parce que la direction prise par un professeur n’est pas plus juste que celle d’un autre. Il est utile qu’au travers de nos orientations, nous puissions toujours inviter nos élèves à aller voir les autres académies, au travers de cours, d’open mat, de séminaires ou d’interclubs. Il est également utile de prendre conscience que le style que nous proposons ne conviendra pas à tous et qu’il est aussi de notre devoir de pouvoir orienter nos apprenants vers des écoles plus adaptées pour leur vision de la discipline.

Enfin, si l’académie a pu être identifiée d’une certaine façon pendant des années et si le professeur n’est plus dans cette démarche, doit il rester dans ce fonctionnement ? Par exemple, une école basée self défense qui deviendrait plus compétition ou inversement, comment l’appréhender ? Les professeurs évoluent, mais l’image ou la notoriété d’une école doivent elles passer au delà de l’orientation personnelle ?

Les pratiques et pratiquants évoluent, une école doit elle resté dans ‘sa’ tradition ou avancer avec les tendances ? Je parle outre la notion de survie sur le marché.

Be One

Pank

Réflexions orientation et pédagogie martiale #4 : les feux d’alertes.

Comme je vous le proposais dans l’article précédent https://lutabjj.wordpress.com/2019/01/04/paradoxe-des-systemes-de-defense-et-systemes-de-combat/, nous avons une problématique claire à prendre en compte pour les pratiquants de combats sans la facette self defense comme peut l’être le BJJ, la Luta Livre, le MMA ou le Muay Thai.

Il manque une prise de conscience (ou d’intérêt) des différentes étapes avant d’arriver au combat de rue, mode d’expression dans lequel les non self defense ont de forte chance de ‘gagner’. Avant d’en arriver aux combats, à la phase d’échanges techniques, comme sur un ring ou tatami, nous allons avoir des phases d’alerte à prendre en compte.

Pour faire simple, avant la première percution ou saisie, il y a des alertes que nous pourrions imager par un feu tricolore qui doivent être pris en compte sur deux plans, le psychologique et le physique.

Quand nous sommes en feu vert physiquement et psychologiquement, nous ne sommes pas en état de stress, nous avons une capacité d’observation et plus encore de réaction. Nous pouvons prendre en compte les environnements et nos décisions en cas de ‘doute’.

Quand nous sommes en feu orange, la psyché va comme toute phase de stress, réduire les champs de vision et les possibilités pour aller vers des solutions de survie immédiates/à proximité. Le corps lui va se crisper également et nous allons diminuer nos capacités athlétiques ainsi que de réactions de façon flagrante.

Quand nous sommes en feu rouge, nous savons que tout va exploser, c’est cette micro-phase de réponse qui est répétée tant de fois par les écoles de self. Notre esprit est simplement en Fight, Freeze ou Flight, notre corps est sur du réflexe.

Dans les réflexions et mise en actions sur lesquelles je souhaite me pencher, il y a les passages du Feu Vert au Feu Orange, avec les questions que l’on peut se poser sur la gestion de nos comportements, motivations et observations pour éviter ce switch. Dans un deuxième temps, étudier la gestion possible du passage du code orange vers le rouge. Les possibilités étant réduites et en ne sachant jamais vraiment à quel moment nous devons/pouvons passer d’une attitude non-violente à une action psycho-physique de defense.

Je vous invite à vous observer dans le quotidien, dans la gestion de vos stress et de vos émotions, vous allez pouvoir noter les changements physiologiques et psychologiques. C’est au travers du quotidien que nous allons pouvoir prendre conscience de nos patterns afin de mieux se connaitre et identifier le travail à bosser en dojo, dans les cadres de modules de self.

Be One

Pank

Réflexions orientation et pédagogie martiale #3 : Paradoxe des systèmes de défense et systèmes de combat

Je reviens sur une idée que j’avais partagé dans cet article : https://lutabjj.wordpress.com/2017/03/04/mecomprehension-entre-self-defense-et-sport-de-combat-part-1/?fbclid=IwAR3hnUQX4uSa5QYo6NJy-ali9JSUi6wP4mB8vOlccqnRvKZ19LQAHM9wuUI

Je parlais des différentes phases que j’identifie actuellement dans le contexte d’agression :

  • La phase ritualisée : c’est l’altercation avec un échange de mots et des body langage de prise de pouvoir. Si cette phase n’existe pas, c’est souvent très galère de s’en sortir même entrainer.
  • La phase d’agression : l’agresseur passe à l’offensive physique dans le but de blesser.
  • La phase de self défense: moment qui dure de 3 à 30/40 secondes, qui doit permettre de finir avec l’agression, pour s’échapper. Il peut y avoir que des esquives, des frappes ou des projections/sol.
  • La phase d’opposition: nous avons dépassé les 45 secondes et nous ne sommes pas parvenus à en finir avec l’altercation, il y a une opposition, plus d’effet de surprise, plus simplement de la défense mais aussi beaucoup d’attaques. On entre dans des phases plus boxées ou luttées.

Je souhaiterais pousser notre réflexion et surtout par la suite nos actions pour se rendre compte d’un point assez étonnant, les pratiquants de self défense, ils se préparent à une non échéance. La Self n’est pas orientée à une réalité à venir mais une possibilité en devenir qui paradoxalement diminue avec l’entraînement qui enseigne à être plus éveillé aux situations et donc moi à même de les vivre. Dans les sports de combat et plus particulièrement pour les compétiteurs c’est l’inverse, nous nous préparons pour des échéances précises et paradoxalement étant plus focaliser à des règles et un cadre, nous sommes moins ouverts à l’improbable. Cela ne signifie pas qu’il n’y aurait pas de réflexes, pourtant on le voit quand un geste est ‘interdit’ dans un match et pourtant effectué par l’opposant, il y a un temps de freeze.

Nous avons donc d’un côté des individus qui se préparent à une chose a faible probabilité mais en ouvrant tout un champs des possibles et d’autres qui se fixent un cadre très précis et rigoureux pour une chose qui arrivera. Dès le départ, la compréhension de la carte du monde de l’autre vision est difficile. Un sportif va avoir un avantage supérieur indéniable dans la phase d’opposition. Et même s’il y a des éléments hors normes, il y a des réflexes et des précisions qui peuvent sortir de 80% de situation. Par contre, tant que le gong n’est pas clairement identifié par ce dernier, il est clairement non préparé. C’est les pratiquants de self qui vont avoir l’avantage sur l’observation du rituel et la gestion ‘agression’ dans le sens où normalement leur training est basé sur des signes à prendre en compte pour ‘rentrer dedans’.

Une fois de plus, la question est de savoir comment nous pourrions mêler les deux. Pour un sportif de combat, les gars de la self ne valent pas grand chose sur quelques rounds, dans une opposition dure. On le voit dans les combats durs du Krav ou même les affrontements en Kali, on ne voit plus une grande partie des techniques répétées pour une action post-rituel. La plupart des 100% self ne sont pas prêt pour cela. Inversement, la gestion des phases de stress, des agressions, des facettes psychologiques, de la ligne rouge comme alerte, de quelques réflexes primitifs, sont mieux appréhendés dans les écoles de défenses personnelles. A mes yeux, il est utile de créer des jeux mixant différentes logiques de stress, pour passer toutes les phases… Mais là encore, il va y avoir des paradoxes à gérer…

A suivre.

Be One

Pank

Réflexions orientation et pédagogie martiale #2 : Travailler la psychologie ‘self defense’

Suite à mon article concernant l’efficacité du Jiujitsu comme système de self (https://lutabjj.wordpress.com/2018/12/22/le-jiujitsu-ca-marche-en-self-defense/), je me suis rendu compte que je n’ai pas réussi à partager mon idée clef : l’aspect psychologique.

A force de travailler dans un fonctionnement ludique et sportif le Jiu-jitsu, la Luta Livre voire le mma nous orientent dans un modèle de pensées et de comportements inadaptés à une situation de conflit.

Je souligne notre façon de filtrer l’agression et le fonctionnement psychologique du modèle fight/flight, je ne remets pas en question les compétences techniques.

Le phénomène d’habituation de l’affrontement qui devrait nous rendre plus apte aux combats, peut nous endormir dans les modèles d’agression. Se sentir en confiance par les heures de sparrings, pourraient paradoxalement nous rendre moins sensibles aux dangers et à des réactions reptiliennes, comme attaquer ou fuir.

Nous retirons les rituels d’affrontements des agressions en les changeant par des règles tacites d’autorisations et interdictions ainsi que abandon ou des KO comme fins de combat.

Ce schéma offre un cadre dans lequel nous progressons, en évitant un maximum les blessures. Nous ne développons de l’agressivité ou de l’énergie que quand le match ou randoris commencent. Pour beaucoup il faut échauffement et rituels pour ‘entrer’ dans le combat.

Seulement le cadre des agressions n’offrent pas toujours de rituels, voire nous ne percevons pas cela comme une parade qui devrait nous alerter sur un danger potentiel.

Le confiance du bon combattant le met souvent en freeze, en fixation vis à vis d’un danger non actif mais présent. Je vais passer dans une zone de danger avec l’idée que je peux m’en sortir à la place d’être en fuite et évitement. Éventuellement, attaquer le premier. Nous devenons tellement prêt et habitué que nous pouvons être moins vigilants.

Mais que faire ? Les académies sont plutôt orientés jeu et sport, plus rarement self. Et nous ne pouvons pas savoir si la self est vraiment efficace car impossible à tester régulièrement. Mes observations et rencontres m’entraînent à penser qu’avec l’arsenal techniques que nous possédons, nous devrions pouvoir gérer presque toutes les situations non armées, mais pour cela nous allons devoir créer des jeux de stress psychologique. Des environnements qui devraient amener un switch vers du fight ou flight.

Certaines écoles de self ont développé des situations de ce type, c’est sûrement le premier apport plus Martial que nous pourrions mettre hebdomadairement ou mensuellement dans le cursus.

‘A suivre’

Be One

Pank

Le JiuJitsu ça marche en Self Défense ?!?

Le sujet polémique au possible, la self défense. Je referai des articles moins taquins ultérieurement.

Alors comme ça le Jiu-jitsu est efficace pour la rue, la vraie, celle de Rio de Janeiro. Le style a fait ses preuves… Dans des tas de bastons sanglantes, là où tout est possible. Sur le papier c’est génial non ? Rorion nous l’a montré dans les premiers ufc… Le Gracie Jiu-jitsu, c’est from war to street…

OK mais apparemment ça n’est pas passé par les gymnases. Non, pas de panique, je ne dis pas que le JiuJitsu sportif, celui des ‘joueurs’ de tatami n’est pas efficace. Je parle du fait qu’apparement, le style n’a pas fait ses preuves dans les tribunes…

Le week-end dernier, un Gracie (Ralph) .. Que l’on sait être un clan guerrier et plutôt vicelard dans la bagarre pour de vrai, a éclaté un champion du monde et un vice campion adcc, en une droite et quelques soccer kicks ( Flavio Almeida).

Le pourquoi de cela, je m’en fouts, par contre factuellement, le Jiu-jitsu a son plus haut niveau sportif, ne semble pas enseigner des bases de gestion psychologique des agressions, ou plutôt des situations d’agression. C’est bien de parler technique, de quoi faire dans telle ou telle situation… Si on ne voit pas la situation comme dangereuse…

Ce fracassage de tête, outre de montrer une fois de plus que les Gracie c’est des bagarreurs plus que des artistes martiaux, ne donne pas une bonne presse au Jiu-jitsu, mais surtout ça fout en l’air toute la promotion de protection avec cette école. Faille majeure, tu vas te faire défoncer parce que simplement tu te crois en sécurité avec tes grades, médailles ou des situations ‘confortables’ comme les compétitions, là où tout le monde est ‘pote’.

Vendre de la défense personnelle à des gars de la sécurité qui sont en mode ‘boulot et dangers potentiels’, des policiers ou des militaires qui vivent en état de tension lié au danger, ce n’est pas la même chose que des gens normaux comme vous et moi. Être champion de bjj, ne nous protège pas du danger ou plutôt des situations dangereuses.

Alors le Jiu-jitsu Brésilien c’est bullshit pour les situations ‘non conventionnelles’, c’est à dire sans rituels d’agressions ‘reconnus’? Est ce que notre côté ludique nous enferme dans une bulle qui ne réveille plus l’instinct du ‘combattant / guerrier de la rue’? Les vieux de notre discipline que nous n’écoutons que d’une oreille, qui nous parlent de revenir aux bases de défense auraient ils raison ? Est ce que l’aspect préparation mentale et psychologique est mis en avant dans ces cours ou juste de la répétition comme nous le faisons dans nos dojos actuels ?

Bref vice 1- bjj champion.. 0 (et n’allez pas dire que c’est différent Ralf connaît le Jiu-jitsu… Là c’était juste une patate de forain.).

Edit : je vois que je n’ai pas été bon pour passer mon idée. Je pense que le Jiu-jitsu est un style à la fois sportif et Martial  Seulement, nous nous sommes tellement habitués à jouer au dojo et en compétitions (même en mma) que nous avons perdu la notion ‘danger’ de l’affrontement. Il y a un manque de travail psychologique, de la gestion en amont, pendant et après ‘l’agression’. Qu’un expert, n’ai plus naturellement une ‘attention Martial’ me fait cogiter à notre pratique trop orientée, on passe à côté de beaucoup d’aspects malgré l’évolution technique extraordinaire des dernières décennies.

Be One

Pank