La compétition, un monde de stratégie.

Ce weekend avait lieu à Rome les Europe Nogi de l’IBJJF. Une compétition, qui après quelques difficultés au démarrage, commence à être réellement un rendez vous pour de nombreux athlètes. Cette année, peut être plus que les précédentes, j’ai pu observer à quel point cette forme de Jiujitsu de compétition est un monde de stratégie.

Pendant longtemps, j’ai vu la compétition des arts martiaux, comme un combat avec du cœur et une réelle intensité quasi instinctive. Puis depuis quelques années, j’ai pu voir que beaucoup de combattants étaient des gestionnaires de génie. C’est une preuve que le sport-bjj est devenu professionnel. Il y a quelques exceptions comme Gordon Ryan avec une recherche constante de soumission, et il y a les autres. Souvenez vous il y a déjà quelques années Xande qui estimait que le double pull et le 50/50 tuaient le Jiujitsu et que les gars ne faisaient de chercher des avantages et avertissements.

Nous étions aux préludes d’un sport de soumissions devenu un sport à points. On ne peut pas critiquer l’athlète qui cherche à prendre ses titres ou son podium. Tout le monde aimerait dominer et soumettre de façon brillante, seulement c’est un risque, c’est difficile et le réglement ne nous l’impose pas… donc autant jouer avec ce dernier.

Nous sommes dans un modèle où avec un avertissement ou un avantage d’avance, nous gagnons le match. Plus encore, Bruno Bastos, avec qui j’ai joué en match, me disait en parlant du match de Chico Mendes : c’est un excellent stratège, il ne fait que ce qu’il faut pour gagner. En somme, même si c’est une décision de l’arbitre ce dernier le choisira lui.

C’est un ensemble de paramètres qui s’éloigne de : je vais le défoncer… Beaucoup de ceux qui exprime l’idée de tous les finaliser, se retrouvent à perdre alors qu’ils ont tenté quelques soumissions ou actions ne menant à rien, se faisant renverser, passer ou projeter dans les trente dernières secondes. De nombreux compétiteurs disent : je menais jusqu’aux 30 dernières secondes… et c’est là, la stratégie. On s’en fou que tu mènes, que tu fasses le match etc si tu perds.

Ton allié c’est le tableau d’affichage, et parfois bien plus que ton spécial. Un gars qui a marqué des avantages, plus encore des points et sentant qu’il n’a pas vraiment l’ascendant sur l’autre, ne prendra aucun risque. ‘Il a tout bloqué’, ‘il ne combat pas’, ‘ça fait huit minutes qu’il est dans la même position’… combien de fois ai je pu dire ou entendre cela.. Oui mais lui, gagne. Il ne combat pas, il ne soumet pas, il ne fait même pas de Jiujitsu ( et je sais de quoi je parle dans ma caté), mais il passe le tour.

Je disais à mon cours d’hier aux compétiteurs, si vous voulez prendre plaisir en compétition en exprimant votre jeu, il y a de forte chance que vous perdiez. Si vous voulez gagner, c’est moins un combat, qu’une gestion et une compréhension de comment ça fonctionne.

Je pense que c’est pour cette raison que le développement des compétitions à la soumission, va davantage correspondre à certains, moins de contraintes, moins de ‘tête’, plus de tripes. Et si au final personne ne soumet, pas d’égo froissé. Aujourd’hui, on peut ne pas être le meilleur combattant mais possiblement devenir le meilleur compétiteur.

Be One

Pank

Apprendre à ‘taper’

C’est une nouvelle saison et comme tous les ans, nous avons la chance d’avoir des ‘nouvelles recrues’ et comme le dit Angelos Pappas dans Point Break ‘plein de foutre et d’hormone’. Poétique description que nos nouveaux entrants qui viennent dans un dojo de Jujitsu/Luta. Ils sont motivés, ils ont pour beaucoup des UFC plein la tête et l’envie de combattre comme Damian Maia, gérer la phase au sol comme les plus grands.

Comme toute rencontre sociale, celle des académies et clubs de sports de combat, amènent aux rituels pour montrer que ‘même si’ nous n’avons pas pratiquer de boxes ou de grappling, nous sommes des bonshommes ou des guerrières. Commence donc une dynamique sociale simple de ‘faire comme si’, avec un point d’orgue : les randoris.

C’est le moment de prouver que nous sommes des Alphas, ou en tout cas le moins Omega possible. C’est là, que commence un moment difficile pour les enseignants. Permettre aux néophytes de prendre plaisir et aux anciens de ne pas s’énerver parce que les nouveaux ne se rendent pas compte qu’ils font des choses dangereuses comme des torsions étranges ou … ne pas taper.

Nous avons la chance dans nos styles de préhension de ne pas avoir de ko (enfin …rarement si on ne lutte pas), nous avons un pouvoir magique qui met fin à toute hostilité, l’abandon en tapant 2-3 fois sur le partenaire. Cela nous permet de reprendre une phase de combat, cela nous offre la possibilité de ne pas se blesser ou de traumatiser notre corps, cela nous ouvre une voie vers…. l’humilité.

C’est un concept complexe que de ‘taper’, abandonner, dire en langage non verbal… tu as gagné, j’ai perdu, je ne peux plus rien faire … Parfois les nouveaux, un peu timorés, tapent trop vite parfois simplement avec une pression, mais très souvent, pour continuer le rituel de ‘classification’, ils ne tapent pas. Il y a l’orgueil, qui dit qu’importe si je ne tape pas, je n’ai pas perdu.

Il ne faut pas se mentir nous sommes tous passés par là, je me souviens ma réflexion de petit con que à l’époque en tournant avec un Mestre qui ‘ne m’a pas fait taper’… mais il m’a sweepé x fois, contrôlé etc : ‘mouai, pas génial, le mec il n’arrive pas à me faire taper…’ Avec le recul, je pense qu’il devait vraiment s’ennuyer et ne voulais pas forcer ses soumissions pour éviter de me briser.

Ne devrions pas enseigner… l’abandon …? Vous devez ressentir cette injonction contradictoire, on fait un système de combat pour dominer l’autre physiquement et ‘ne jamais abandonner’ et tu dis qu’il faudrait enseigner aux élèves qu’ils doivent mettre fin à ce combat sans se battre ?? Mais t’es taré ?

Pourtant, nous avons une envie que les nouveaux apprennent, s’entraînent, évoluent et prennent un maximum de plaisir pour avancer dans nos disciplines. S’ils se font casser, parce que cette mentalité de je n’abandonne jamais est un non sens dans un dojo, qui est un lieu de progression, ils ne pourront pas se plonger dans ce qui à fait que nous sommes aujourd’hui les ambassadeurs de ces disciplines.

Tapez mille fois aux trainings pour préparer les combats qui auront une vraie importance, ceux de la vie, du quotidien, de votre futur.

Be one

Pank

Le Jiujitsu comme levier de sociabilisation

Certes les arts martiaux et plus généralement le sport nous ouvrent à l’autre. Nous allons dans un club, nous rencontrons des personnalités différentes avec lesquelles nous devrons dealer. Certains vont nous plaire, d’autres moins. Tout cela dépend de nos éducations, nos cultures et nos caractères. La force des arts martiaux est de rendre neutre l’espace d’un cours les différences. Nous portons tous un Keikogi, nous ne prenons plus en compte le sexe, l’orientation politique, la « race » ou la profession de notre partenaire. Il est là pour nous aider à progresser comme nous sommes là pour l’accompagner au mieux.

Cette ‘neutralité’ accompagnée par la culture du club nous permet de nous sentir chez nous ou au contraire nous orienter vers un autre club. Dans le Jiujitsu, nous avons des clubs avec des identités fortes, des histoires, des ambitions qui sont toutes différentes. Nous avons donc une mixité d’état d’esprit et de vision de la discipline. Plus que dans beaucoup d’autres sports de combat, nous allons régulièrement dans d’autres académies. Quand nous sommes de passage, quand un pote pratique dans une autre salle, ou quand nous avons des open mats.

Ces tatamis ouverts à tous sans pré-requis sont des espaces passionnants pour observer notre capacité à nous sociabiliser avec ces ‘inconnus’, qui passent l’espace de quelques heures dans son chez soi ou dans un lieu inconnu. Il y a beaucoup de communication non verbale, beaucoup de regard, d’observation. Les premiers instants sont magnifiques, en fonction des personnalités et des intentions.

Certains sont en croisade, il n’y a pas d’animosité, juste l’esprit de conquête. De nouveaux sparrings possibles, de nouveaux styles, un moyen de se jauger et de montrer que sa ceinture et son académie sont fièrement représentés. D’autres sont dans la découverte, parfois du niveau des participants, parfois de l’ambiance, ou de voir s’il n’y a pas des connaissances, des potes avec qui partager quelques chiffonnages. Il y a ceux qui sont là parce qu’on leur a dit de venir, fidèle au poste, mais pas forcément là pour la nouveauté, plus pour rejoindre le clan. Il y a les compétiteurs ‘déters’, eux ils n’ont pas le temps, ils snipent pour préparer les échéances, pour se focaliser sur leur jeu. Il y a les professeurs, ils sont là pour partager, aider, orienter. Il y a ceux qui sont là pour le fun, eux limite si ça pouvait se faire autour d’une bonne bouffe ça ne changerait pas grand chose… Mille objectifs et attentes différentes en fonction du pratiquant.

Pourtant dans cette différence, dans cette ambiance emprunte d’une quête de domination inconsciente, après quelques randoris à se renifler, à se mordre parfois, il y a cette détente, cette énergie de respect, de joie et de plaisir qui prend place. Comme si, les choses étaient dites, sans que le verbe s’en mêle.

C’est peut être plus primitif, c’est peut être parfois avec une finesse toute relative, mais chacun se retrouve, s’ouvre la encore à certains groupes plus que d’autres, mais dans une compréhension et un respect que chacun a ses ambitions. La sociabilisation non verbale prend place, pour parfois autour d’un pot ou d’un restaurant, devenir une découverte d’un nouvel univers, celui de l’autre, plus seulement le Jiujitsuka, mais cet Homme ou cette Femme dans son entièreté.

Profitez des open mats estivaux pour aller à la rencontre de l’Autre.

Be One

Pank

Bien s’entourer dans nos déplacements

S’il y a une chose importante dans le quotidien c’est de pouvoir s’entourer de personnes positives et qui nous apportent du bon. Quand nous partons en compétition, ne devrions nous pas chercher la même chose ?

Une académie est remplie d’individus avec lesquels nous partageons une passion commune mais que nous ne connaissons souvent que très peu. On peut se dire que nous sommes dans le même #BJJlifestyle, mais ça c’est bon sur Insta. La réalité est que nous ne choisissons pas nos partenaires et qu’il peut y avoir de nombreuses choses qui nous dérangent hors contexte du dojo.

Une personnalité est complexe et même si nous pouvons avoir une idée de l’autre avec sa façon de combattre, nous ne connaissons pas son attitude au quotidien. Ce qui fait que lorsque nous partons en déplacement à plusieurs pour une compétition, nous pouvons être étonnés voire déçus.

Nous partageons un hôtel ou une location, avec différents styles de vie, ceux qui stressent, ceux qui rigolent tout le temps, ceux qui veulent s’isoler ou encore ceux qui veulent sortir jusqu’à pas d’heure. Il se peut que nous ne soyons pas prêt à cela.

Mais comment peut on faire ? On ne peut pas s’assurer que les autres combattants soient dans la même longueur d’ondes que nous. C’est là où il est utile de créer une vie autour des rencontres au Dojo. Des restaurants, des sorties, des verres, pour parler d’autres choses que du Jiujitsu, pour découvrir nos partenaires.

C’est certain que nous ne pourrions pas savoir si notre pote ronfle ou est maniaque, s’il se réveille tôt ou se couche tard. Néanmoins, plus nous connaissons nos partenaires, plus nous savons que nous partageons des valeurs communes, plus nous sommes capables d’accepter nos imperfections. Nous pourrons choisir ‘la vibes’ qui nous correspond le mieux, nous connaissant nous mêmes dans ces conditions.

Pensez que pour beaucoup, la compétition est un moment de stress intense et que les réactions sont parfois excessives, il est donc utile de penser que nous devons également nous sentir prêts à accepter et ‘accueillir’ cette tension qui se diffusera avant les combats, parfois la veille.

Et vous, avez vous vos partenaires de confiance pour les compétitions ?

Osu

Pank

Les années vs le temps sur tatami

Nous le voyons de plus en plus depuis quelques années, les grades en Jiujitsu n’ont plus la même la signification. Avant une ceinture noire qui avait en général reçu son grade entre 10 et 15 ans de pratique, dominait facilement les grades inférieurs jusqu’à ceinture marron. Maintenant, une ceinture noire peut se faire battre par une jeune ceinture bleue.

Nous avons trop souvent réfléchi en années de pratique plutôt qu’en heures d’entrainement. Prenons un pratiquant qui s’entraîne 3 fois par semaine 2h sur 50 semaines : nous aurons 300 heures par an et en 10 ans il aura cumulé 3000 heures pour obtenir sa ceinture noire. Maintenant, de nombreux athlètes s’entraînent 4h par jour, 5 jours sur 7, cela revient à 20 heures par semaine soit 1000 heures à l’année. En 3 ans, il aura autant d’heures (d’expérience ?) de tatami que le pratiquant plus ‘loisir’. En général en trois ans, nos élèves sont des ceintures bleues, plus rarement violettes… parce que nous réfléchissons encore trop en années et moins en heures d’entrainement.

C’est une excellente chose que d’avoir aujourd’hui une professionnalisation de notre discipline (peu ou pas dans l’héxagone, faute de sponsors). Nous avons de plus en plus d’académies ouvertes ou à disposition toute la journée et dans lesquels, les pratiquants peuvent passer des heures à tester, rouler, répéter. Cela élève le niveau des athlètes qui vont en compétition et nous offrent une qualité technique et physique incroyable.

Nous ne pouvons plus comparer avec les ceintures, beaucoup savent qu’ils ne gagneraient surement pas la catégorie bleue ou violette adulte aux Europe ou Pan, alors qu’ils sont ceintures marrons-noires. Le dirigeant de la copa podio le faisait remarquer, aujourd’hui nous faisons combattre une ceinture bleue qui a deux ou trois ans d’académie (en base loisir) face à des jeunes qui s’entraînent depuis l’age de 6 ans et qui sur les dernières années cumulent une vingtaine d’heures d’entrainement par semaine. Il y a un déséquilibre majeur. C’est pour cette raison qu’il avait proposer le match entre Galvao (15 ans et ceinture bleue) contre Rounaud (ceinture noire vainqueur d’Open IBJJF). Outre le fait que le jeune soit le top du top, sa victoire est une superbe opportunité pour s’interroger sur les grades, les temps de pratiques et la difficulté concernant les critères de passage à la ceinture noire.

A l’ADCC East Trials, Nick Rodriguez ( Il a un background de lutteur au lycée et sa première année en université, mais quand même ce n’est pas un champion NCAA) qui est une ceinture blanche de 6 mois fait 3e et gagne les West Trials (Maintenant ceinture bleue).

Les compétitions de Grappling FFL/UWW permettent tout comme l’ADCC des affrontements sans distinction de grades, comme de plus en plus de galas de Jiujitsu, c’est génial pour l’évolution de nos disciplines.

Les grades et ceintures, nous le savons tous, représentent ce que nous y mettons dedans. Cela permet de aussi un respect des anciens (ce coup ci en nombre d’années) et un rituel martial qui nous convient. En compétition, comme l’avait souligné Machado il y a quelques années, c’est la ‘réalité et les grades n’ont plus la même place.

Be One

Pank

Réflexions orientation et pédagogie martiale #5 : Introduction Préparation mentale Sports de Combat et Self Défense

Restons sur ces réflexions qui peuvent bien sur se nourrir de vos expériences et de vos convictions, concernant nos différences entre les entraînements de Jiujtsu, MMA, Grappling ou Boxe et les sessions de Self défense. Comme vous avez pu le lire dans mes précédentes chroniques, je pense que l’une des clefs majeures pour nos réussites martiales, est la facette mentale.

Nous voyons bien que l’Hypnose, la PnL, les méthodes de Coaching ont été introduites, il y a quelques années dans les sports de combat. Tyson en boxe avait un hypnotiseur, Joe Rogan accueillent de nombreux athlètes qui mettent en avant l’importance de l’hypnose ou de la sophro dans leur réussite. Nous le savons, si nous sommes des tueurs à l’académie, il arrive souvent que sur un ring, une cage ou un tatami, nous pouvons perdre nos moyens.

Je suis certains que vous connaissez tous dans vos salles, des champions de dojos, incapables de faire des résultats en compétition mais qui jouent sans effort avec les champions au dojo. Inversement, certains pratiquants que nous ne remarquions pas, s’éveillent en Instinct Mode sous la pression du combat. Nous ne sommes pas égaux fasse au stress. Nous savons que nous avons une stimulation de l’amygdale qui nous offrira que le fight, le freeze ou le flight. Si nous sommes des combattants émérites dans un cadre sécurisant, que ça soit dans des sports aussi durs que le MMA, la Lutte ou le BJJ, mais incapables de s’exprimer en compétition, pourrions nous mêmes croire que nous le pourrions dans une agression inattendue ?

Je sais que beaucoup de pratiquants de self expliquent que la rue ce n’est pas la salle, ni une compétition. Pourtant, faire une compétition, nous amène dans un état de stress et de danger (la blessure) qui ne devrait pas être négligé, car proche de la rue (ce moment où on se pisse dessus..). De même, un sportif de combat qui explique l’idée que lui il combat au ko/soumission, il est plus ‘prêt’ pour la rue mais qui a un niveau de débutant quand il y a une situation de stress, à une compétition de niveau départemental, devrait repenser son paradigme.

Ce qui est génial, c’est que nous sommes capables de développer nos potentiels positifs. Nous pouvons nous préparer au moins pire. Je parle de moins pire c’est à dire ce freeze et de subir le combat ou l’agression. Sans dire que vous deviendrez des Gear 4 (des super sayans), prêt à tout défoncer, vous pourrez retrouver ses aptitudes, réflexes et stratégies qui permettront de s’en sortir (à vous de définir ce qu’est s’en sortir…).

Les champions se préparent mentalement et ils performent. Ils ont beau être de grands athlètes, il ont peur et stressent pour les grandes échéances, ils vont au delà et c’est ce qui va jouer. Il y a quelques années, ils avaient montré que les combattants qui fixaient les opposants, étaient ceux qui avaient un taux de réussite supérieur. De même, les couleurs rouges peuvent influencer un arbitrage ou des juges. Nous sommes des êtres programmés et de nombreuses suggestions inconscientes nous impactent et changent suffisamment de choses pour passer de l’underdog au topdog.

Dans la self défense, je ne pense pas que la technique soit la chose la plus importante, par contre la gestion psychologique est une, voire LA clef qui va tout déterminer. Souvent les personnes qui ont commencées les sports de combat ou la self defense expliquent qu’elles ont plus confiance (sans se prendre pour Steven Seagal), et cela revient à ce regard qui parfois évitera ou retardera une action ou une agression. On pourrait prendre cela comme une feinte (je viens de regarder Silva vs Ismaël, observez les réactions physiques des feintes de ces extraordinaires athlètes, les regards jouent notamment.) Néanmoins, le seul argument de ‘je fais de la Boxe ou du Kali’ pour upgrader la confiance, notamment dans la gestion des conflit, est un peu léger et parfois sur-exploiter par le business Self Défense en 5 sessions Youtube . Comme les sportifs, les pratiquants de self, vont devoir recevoir un enseignement de préparation mentale de l’agression…

A suivre

Be One

Pank

Problème de Prof : Quel style donner à son académie ?

Nous avons la chance dans le monde du Jiujitsu et du Grappling plus généralement, d’avoir de nombreux jeux et styles très différents. C’est d’ailleurs ce qui fait l’intérêt des compétitions, l’opposition des façons de combattre. La question que l’on peut se poser en tant qu’enseignant, c’est de savoir quelle coloration nous souhaitons mettre en place dans notre école ?

Est ce que nous allons travailler d’avantage les stratégies debout comme nous pouvons le voir avec certains pratiquants issus de la lutte ou du judo ? Est ce que l’on va mettre en avant le jeu de garde ? Celui de passeur ? Allons nous proposer une philosophie agressive d’attaque ou être plutôt contreur ? Sans parler des jeux fermés ou plus ouverts, en pression ou en explosivité ? L’idéal est que nous puissions tout enseigner, seulement le temps des pratiquants sur les tatamis est limité et nos connaissances ainsi que nos façons de pratiquer également.

Le questionnement s’étend même au cadre plus global que nous allons proposer dans notre académie. Allons nous nous orienter compétition ? Si oui, compétition IBJJF ou compétitions sub only ? Allons nous nous orienter défense personnelle ? Si oui, utilisera-t-on des créneaux pour cela ou tout notre enseignement sera axé sur cette facette ? Allons nous former vers du MMA ? Dans ce cas allons nous faire du Gi ?

Nos réflexions et nos décisions attireront des élèves qui vont être dans cette attente. Et également d’autres qui ne s’y retrouveront pas. Est ce que dans ce cas, nous allons les orienter vers une autre école ? Est ce que nous allons leur ‘vendre’ notre vision des choses ? De plus certains commencent avec une idée, par exemple loisir et décident après quelques années de s’axer compétition, comment s’adapter alors qu’il n’y a pas d’entrainement spécifique compétition ?

L’identité de nos sections va influencer notre perception de la discipline mais plus encore celle de nos élèves. Ce qui est parfois dommageable, parce que la direction prise par un professeur n’est pas plus juste que celle d’un autre. Il est utile qu’au travers de nos orientations, nous puissions toujours inviter nos élèves à aller voir les autres académies, au travers de cours, d’open mat, de séminaires ou d’interclubs. Il est également utile de prendre conscience que le style que nous proposons ne conviendra pas à tous et qu’il est aussi de notre devoir de pouvoir orienter nos apprenants vers des écoles plus adaptées pour leur vision de la discipline.

Enfin, si l’académie a pu être identifiée d’une certaine façon pendant des années et si le professeur n’est plus dans cette démarche, doit il rester dans ce fonctionnement ? Par exemple, une école basée self défense qui deviendrait plus compétition ou inversement, comment l’appréhender ? Les professeurs évoluent, mais l’image ou la notoriété d’une école doivent elles passer au delà de l’orientation personnelle ?

Les pratiques et pratiquants évoluent, une école doit elle resté dans ‘sa’ tradition ou avancer avec les tendances ? Je parle outre la notion de survie sur le marché.

Be One

Pank