Les Championnats de France de Jiujitsu CFJJB

carpentier

Tous les ans, nous attendons ce moment avec plaisir et impatience. C’est une date que nous préparons pour aller nous opposer aux meilleurs combattants de l’hexagone. Cette année, j’ai été surpris par le fait que ces ‘France’ soient si tôt dans la saison.

Néanmoins, j’ai appris que les dates ne conviennent jamais, donc autant les poser et chacun s’adapte. Pour ce cru, nous avions rendez vous à la Halle Carpentier sur Paris. C’est un gymnase mythique sur la capitale et la CFJJB (http://www.cfjjb.com/), nous a offert une organisation formidable.

D’abord 8 aires de combat, qui n’ont pas désemplies pendant deux jours. La confédération a fait venir une énorme équipe pour l’arbitrage, les tables et les vérifications. Les gars ont été au top, les plannings étaient suivis, bref largement au niveau IBJJF, voire au dessus.

Un point qui, pour moi, était particulièrement bien pensé, comme à l’international pour les Opens, les ceintures noires sont passées le matin. Cette saison, nous avions comme les années passées, des ostéopathes à disposition ainsi qu’un stand d’un équipementier (Moskova) et d’Açai. Ces dernières éditions, je trouvais que ça manquait, j’aimais bien ce que proposait Vale Tudo ou la marque espagnole dont le nom m’échappe.

Il y a un point qui, je pense, devrait être vu pour l’an prochain, la tenue en Nogi. C’est vrai qu’il y a quelques années, je trouvais que l’IBJJF (http://ibjjf.com/) abusait à nous imposer une tenue par grade. Je pensais comme beaucoup que c’était pour du business. Seulement, dans la pratique, c’est vraiment quelque chose qui donne un cachet et du sérieux aux compétitions. Dimanche, les tenues étaient non réglementaires, des blanches combattaient avec des rash noirs, des violettes avec d’autres couleurs, bref je ne captais rien et je ne savais pas ce que j’étais en train de regarder.

On en parlais avec Kenji ( Que je felicite pour ses titres de Champion de France) en post compétition, il serait bien que dès les sélections régionales, la CFJJB impose la tenue réglementaire. La veille, le staff nous avait envoyé un mail pour dire qu’il fallait éviter les tenues extravagantes, mais peut être auraient ils dû être plus précis. Je ne doute pas que ça se fera bientôt.

Concernant les combats, quel niveau !!! La France progresse à tous les grades et bravo à tous pour votre investissement pour nos disciplines. Je suis également content que les gradés marrons et noires soient de plus en plus nombreux à combattre en adulte et également en Master. Cette catégorie qui était un peu boycotté, parfois à cause de l’image de ‘vieux’ et de ‘faibles niveaux’ des Masters vs Adultes. Comme on sait que la nouvelle génération de ceintures noires compétition est en route, cela va offrir dans les années à venir de belles catégories en Faixa Preta autant chez les ‘jeunes’ que les ‘anciens’.

L’équipe d’arbitrage, elle aussi fait un boulot de plus en plus précis. On sait que rien n’est jamais parfait néanmoins le système mis en place par la confédération semble porter ses fruits. En échangeant avec les arbitres et notamment Vincent Nguyen, faire un stage annuel avec un haut représentant du corps arbitral pourrait être un plus. Le travail fournit par les arbitres nationaux la veille des compétition est excellent, seulement les dernières mises à jour et surtout l’expérience des tapis IBJJF peut apporter de nombreux éléments à prendre en compte. Nous avons en France, la chance d’avoir un Mestre et arbitre reconnu à l’international avec Paulo Sergio, il y aura surement des choses à faire. J’en profite pour poser une question : seriez vous prêt à payer 20-30 euros pour un stage d’arbitrage avec un haut représentant ? Nous savons que toute prestation d’un staff, si nous souhaitons un investissement réel, doit être rémunérée, mais vous, investiriez vous dans cette démarche d’apprentissage ?

En tout cas Merci à tous et toutes, de faire que notre passion puisse prendre cette forme, c’est autant grâce aux organisateurs, qu’aux staffs, que grâce aux compétiteurs qui s’investissent dans cette prise de risque. Pensons aussi aux médias comme le boulot de Jits. (http://jits.fr/)qui filme et partage les calendriers, des interviews, tout ça dans le plus grand professionnalisme.

A l’année prochaine pour les les France 2018.

Be One

Pank

 

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Dans la peau d’un arbitre

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Il y a quelques semaines, je partageais l’idée que l’arbitre est un parfait inconnu des compétitions. Il est la nécessité invisible de l’organisation et du bon fonctionnement des rencontres sportives.

Pendant les Europe de BJJ à Lisbonne, Mathias Jardin, un ami ceinture noire de la GF Team, faisait la remarque qu’il faudrait que tous les arbitres aient une carrière d’athlète sur les tatamis, ou au moins une expérience ‘terrain’.

J’ai eu la chance d’être la première génération d’arbitres internationaux et même formateur des arbitres de la Fédération Internationale des Luttes Associés (FILA) et de la Fédération Française de Lutte (FFL). J’ai pu arbitrer des championnats du monde en 2008, différents championnats nationaux, et divers événements en Grappling.

Quand je me suis mis à arbitrer, je me suis rendu compte à quel point cela peut être complexe. D’une part, il faut connaitre le règlement sur le bout des doigts. Seulement, la théorie de l’arbitrage rencontre TOUJOURS les cas imprévus du réel. Et là, nous avons une peut être deux ou trois secondes pour valider, invalider, continuer ou arrêter, un combat ou une phase de combat.

A ce moment-là, on est absolument seul au monde. Il se passe dans notre tête des tas de choses, on entend les coachs, le public, on regarde les athlètes, mais il n’y a que nous et nous seuls pour choisir, décider … arbitrer le geste, l’action, le moment … Sans que personne ne le sache, nous prenons une décision… Cette décision peut jouer un match, un titre, voire une prime…

Nous restons stoïques, parce qu’en plus de ce méli-mélo psychique, nous ne devons pas nous déconcentrer de l’action. Pour cette raison, sous cette phase de stress de plus en plus forte,  les arbitres commencent à faire des erreurs. Vous remarquerez que d’une erreur dans un match, plusieurs autres arrivent … C’est souvent à cause de cette confusion intérieure.

Pour les teams, les partenaires, les spectateurs, l’arbitre est nul, il est à ch… Parfois même on a l’impression que c’est un vendu, un pote du combattant… C’est assez rare (je ne dis pas que ça n’arrive pas, je l’ai vécu en tant qu’athlète), l’officiel est souvent en train de se recentrer, ne plus rien louper, éviter de refaire une potentielle erreur, sachant qu’il ne sait plus vraiment si ce qui a été annoncé est réellement la bonne décision.

Le doute et la mauvaise décision sont les plaies de l’arbitre. Nous avons souvent peur de créer une injustice… Quand un combattant fait des efforts, se bat pour gagner ses points, pour contrôler, pour prendre un avantage, l’arbitre ressent l’effort. Et là-dessus je rejoins Mathias, c’est parce que nous savons ce que c’est de vivre la pression d’une compétition, cette faim de vouloir décrocher la victoire, le podium, que nous mettons une attention plus particulière aux matchs.

Nous sommes dans ce que l’on nomme un ‘contre transfert’ en psychanalyse, c’est-à-dire que nous nous projetons dans le match comme si nous combattions. Seulement à l’inverse du coach ou des membres de l’équipe, nous le faisons pour les deux, nous ressentons, nous anticipons (pour éviter les blessures, les mauvaises chutes, etc), nous vivons le match en son centre tout en restant le plus ouvert et objectif à tout ce qui peut se passer.

Ce que nous vivons dans une journée de compétition, est particulièrement éprouvant. Nous savons que nos décisions peuvent affecter moralement voire physiquement des personnes passionnées et investies. Nous savons que les carrés finaux sont encore plus sous pression et nous la partageons dans un objectif de faire le mieux possible.

Il est vrai que dans les staffs d’arbitrage, il y a des arbitres qui n’ont jamais combattu dans le monde particulier de la compétition. Pour autant, je pense qu’ils ont leur place. Ils leur manquent juste, ce feeling, cette compréhension de l’action ou de l’effort du petit mouvement, et il va parfois trop rapidement mettre des passivités etc… , l’expérience pourra compenser cet aspect.

Pour avoir fait beaucoup de compétitions que ce soit IBJJF, FILA ou la pire à mes yeux actuellement le Naga, certains arbitres, champions reconnus de leurs disciplines, n’en n’ont strictement rien à faire de ce qu’ils font, ils regardent le match d’à côté, si le match est plus excitant, ils restent loin des actions sans voir si la clef ou l’étranglement est passé… Ils ne sont pas impliqués… conclusion : blessures, erreurs et déceptions pour les athlètes.

Alors oui, clairement sur des compétitions importantes, le mieux est de faire venir une équipe d’arbitres qui connait ces événements, mais il les faut impliquer, ce qui n’est pas toujours le cas (les athlètes encore en activité qui attendent de combattre, ou qui regardent leurs gars combattre…). A ce moment-là, une équipe moins expérimentée sur la compétition mais pleinement attentive à leur surface de combat.

Une fois de plus bravo à tous les gars qui gèrent les compétitions CFJJB, FFL et tous les tournois indépendants. Merci du travail que vous faites, de l’implication que vous mettez, et même si parfois on peut ne pas être d’accord avec vos décisions, nous savons que vous faites au mieux, et que l’erreur fait aussi parti du monde des arbitres…

Prenez soin de vous.

Be One
Pank